jeudi 9 juin 2011

Conférence historique hier soir


Hier soir, avait lieu aux bureaux de la FPJQ, une conférence que je considère historique. Elle réunissait quatre représentants de la police de Montréal, un photographe, un avocat et une vingtaine de photographes, vidéastes et journalistes.

Le but de la rencontre était de comprendre comment photographier une manifestation violente sans se faire arrêter.

Le contexte ne pouvait pas être plus à propos. Après les événements de mardi (un itinérant tué par la police et un passant tué par une balle perdue), le climat était palpable. De plus, la conférence commençait à 19 h juste avant une manifestation contre la brutalité policière qui devait débuter au square Berri vers 21 h. Les représentants de la police avaient hâte de quitter pour aller gérer cette manif et le conférencier, Jacques Nadeau, était assigné par son quotidien, Le Devoir, pour aller couvrir cette même manif.

Les questions fusaient de partout de la part de l’audience envers les représentants médias de la police, Jacques Nadeau et un avocat spécialisé dans le droit à l’image, Christian Leblanc.
Cette conférence a été initiée après les tentatives infructueuses de Brian Miles, président de la FPJQ, de trouver, conjointement avec le SPVM, une façon de rendre le travail de documenter les manifestations du 15 mars (manifestations annuelles contre la brutalité policière) plus sécuritaire.

La question est complexe, trouver l’équilibre entre rétablir l’ordre et respecter le droit à l’information en particulier dans le cas des photographes/vidéastes qui ont besoin d’être près de l’événement. Comment reconnaître un « vrai » photographe compte tenue de la démocratisation de la profession qui a pour conséquence que l’équipement photo n’est plus un indicateur de qui est là pour les bonnes raisons. Comment et qui accréditer officiellement, etc. ?

Les représentants de la police ayant quitté, nous avons eu droit à une relecture par Jacques Nadeau de leur approche et quelques conseils de base, comme faire preuve d’anticipation et optimiser son positionnement relativement à sa propre sécurité ainsi que le sens des images produites. Une fois que Jacques a quitté, c’est l’avocat qui répondit aux multiples inquiétudes légales de l’audience. La loi et la jurisprudence sont très mal comprises dans ce domaine du droit à l’image. Finalement, plusieurs ont quitté et sont allés rejoindre la manif du square Berri pour mettre en pratique leurs nouvelles connaissances acquises.


Commandant André Besner lors de la rencontre, photo Martin Benoit

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