lundi 14 août 2017

Poste Canada célèbre des photographes montréalais issus du Vieux

Dyptique de Gabor Szilasi, photo de Claire Beaugrand et à droite par Gilbert Duclos. photo Martin Benoit
Depuis quelques années, Postes Canada émet des collections de timbres illustrés par des photographies de photographes canadiens célèbres. La dernière émission du 4 juillet 2017 est composée, entre autres, de 2 timbres, un représentant une photo de Gilbert Duclos et l'autre de Claire Beaugrand-Champagne.

Ce sont deux finissants de  notre programme de photographie au début des années 70.
De plus, en mars 2013, Poste Canada émettait un timbre représentant un diptyque par Gabord Szilasi, aussi un enseignant du programme au cours des années 70.

Je ne peux m'empêcher de constater que quoi que l'on dise, le Vieux Montréal a été le berceau de plusieurs photographes importants du Québec. Que ce soit dans le secteur commercial, publicitaire ou artistique. Il faut dire que nous avons été la première institution collégiale à offrir une telle formation. Dawson, Matane et Concordia sont apparus quelques années après.

Comme le mentionnait Antoine Desilet, il fallait s'enrôler dans l'armée pour recevoir un cours officiel de photographie ou aller étudier à l'étranger. Nous sommes pré-Internet et en langue française les ressources étaient très minces et diffuses, c'est le moins que l'on puisse dire.

Pour avoir personnellement fait des erreurs inacceptables durant des années par manque de formation, j'étais bien placé pour apprécier une formation en bonne et due forme. Aujourd'hui la collégialité qu'offrent les réseaux sociaux et les ressources Internet peuvent pallier, dans quelques cas, si vous êtes du genre discipliné et autodidacte. Il reste que c'est une expérience de vie très enrichissante que de passer trois années avec des gens qui partagent la même passion que la vôtre.

samedi 5 août 2017

Sue Vo-Ho superpose ses photos pour se souvenir

Sue et l'auteur, photo Yves Beaulieu

La mémoire est un animal complexe et souvent évanescent. Sue Vo-Ho, a colligé une série de photos de villes en des superpositions qui proposent un sentiment onirique du souvenir confus que l'on accumule au cours d'une vie relativement à des lieux.

Des impressions fugitives, des présences mal définies, des organisations spatiales confuses.

Plusieurs ont spéculé sur quel serait la qualité de nos souvenirs si nous n'avions pas la photographie afin de nous aider à rafraichir notre mémoire. Nous souvenons-nous des photos ou des lieux?

Elle a réalisé cet exercice en capturant les villes sur pellicule argentique afin de ralentir et mieux composer et elle fini ses assemblages numériquement. La démarche s'étale sur presque tous les continents de l'Amérique à l'extrême Orient en passant par l'Afrique.

L'exposition "Mémoires de ces villes"  se déroule du 3 au 29 août à la galerie La seigneurie du Centre culturel Georges-P-Vanier de Châteauguay, 15 boul. Maples.

samedi 29 juillet 2017

Irving Penn au Met de New York

portail du Met, photo Martin Benoit
Ce que je comprends d'Irving Penn c'est son obstination à obtenir ce qu'il recherche. L'exposition du Met nous confirme que cet explorateur de l'image, du style et du médium était un dur travailleur.

Je me suis surtout intéressé à Irving Penn autour des années 90 quand il travaillait à la publication de son fameux bouquin "Passage".

Ce bouquin était et est probablement toujours un exploit technique de publication. Composé à la monotype (caractère par caractère) imprimé à l'aide de 11 encres différentes, la liste ne finit plus des acrobaties qui ont été déployées afin de réaliser cet objet au début de l'ère du "desktop publishing".

Step-by-Step Graphics, un populaire magazine de graphisme suivait l'évolution de la construction du bouquin et je découvrais qu'Irving Penn n'avait pas publié depuis des années, car il considérait que la qualité de des procédés d'impression de l'époque ne rendait pas justice à ses images. Lui-même a utilisé des médiums variés tels le Cibachrome™, le transfert hydrotypique (Dye Transfer), le tirage platine, il a construit des caméras grand format, etc. Ses diverses techniques sont présentées par l’Art Institute of Chicago. C'est un bourreau de l'exploration visuelle. J'étais donc très curieux de voir les originaux tant difficiles à reproduire, qui eux traduisent ses intentions.

Pour moi, l'intérêt d'aller dans des musées, c'est de voir les originaux. Le médium photographique fait souvent partie du discours et regarder un travail sur un écran d'ordinateur, ne rend souvent pas justice à l'auteur. L'exposition est bien organisée par thème des diverses démarches de l'artiste et présente aussi des variations sur une image à travers les années et les médiums. On peut constater une relecture par l'auteur de son travail. On découvre aussi les contextes de publications grâce à des extraits de magazines et des versions couleur d'ouvrages que l'on a souvent plus connus en noir et blanc.

Est-ce qu'Irving Pen était un provocateur ou un arrogant en photographiant des mégots de cigarettes au grand format et en les imprimants platine? Le texte explicatif nous explique son aversion pour la cigarette qui l'entourait durant les années 60-70 et les polémiques émergentes autour de sa consommation. La notice nous explique que ce fut une forme de révolte personnelle et de glorification de cet objet de gratification et d'intoxication qu'est la cigarette.

Mon coup de coeur est le petit film 8mm que sa femme a fait au Maroc lors de ses fameuses sessions de portraits en studio extérieur. On voit Penn au travail et son attitude humaine.

Le Met nous présente aussi une courte vidéo qui explique sommairement la problématique et la façon dont Penn réalisait ses tirages platine.

Somme toute, le bouquin Passage est très honnête et rend justice aux originaux de Penn. Si vous n'êtes pas familier avec le corpus de Penn et que vous aimez voir des originaux sur des médiums que l'on ne rencontre plus souvent, c'est un détour qui en vaut la peine.

jeudi 6 juillet 2017

La Panasonic GH5 fait encore trembler par son prix et ses performances.

caméra Lumix GH5. photo Panasonic
J'assistais à une présentation de la GH5, qui comme ses prédécesseures, fait beaucoup parler d'elle.

Pour la première fois, pour un si bas prix, on obtient du 4:2:2 à 400 Mbps.

Bienvenue dans le monde de la colorisation et des fonds chroma key sans trop de franges.

De plus, le capteur 4/3, qui est relativement petit, permet l'utilisation de focales plus courtes sans les problèmes de faibles profondeurs de champ typiques aux plus grands capteurs.

Ça signifie que l'on n'a pas besoin d'autant de puissance d'éclairage, car on peut travailler décemment à de plus grandes ouvertures.

Ce n'est peut-être pas l'idéal dans un univers de cinéma de fiction romantique, mais en corporatif, ça produit de beaux fichiers très fonctionnels. D'ailleurs, il semble que Panasonic vise spécifiquement le marché des petites productions indie à en juger par la façon dont ils font la promotion de leur produit.

Je ne sais pas si cette caméra est achetée pour ses fonctions photo. C'est principalement dans le secteur de la vidéo que l'on en parle beaucoup. La famille des Lumix GHX a sucité beaucoup d'enthousiasme depuis leur début. Des modifications du micrologiciel ont déjà permis d'enregistrer quelques cadres en RAW. Ce qu'aucune autre caméra de cette catégorie ne pouvait faire.

En gros, si vous faites de la vidéo qui peut survivre à l'ergonomie d'un appareil photo et que vous n'avez pas peur d'attacher beaucoup de choses sur votre appareil, on obtient une puissante caméra.
L'ajout de ports XLR dans une griffe porte accessoire spécialisée permet simplement de se raccorder à des périphériques audio de qualité. Est-ce que la qualité des préamplis est au rendez-vous? Ça reste à valider. La solution de l'audio parallèle est toujours possible. Stabilisation 5 axes du capteur qui peut-être jumelée à la stabilisation de l'objectif, voir même des objectifs Canon via un Metabone de dernière génération ou un convertisseur Sigma. Les spécifications et innovations sont multiples, il faut vraiment prendre le temps de lires toutes les fonctionnalités sur le site de Panasonic.

C'est vraiment un outil versatile pour le prix et la qualité promise.

Un autre compagnon pour ceux qui avancent à faibles coûts dans ce marché en pleine ébullition.



vendredi 30 juin 2017

Sound Devices réplique à la venue du Zoom F8

MixPre-6. photo Sound Devices
L'enregistreur audio 8 pistes de Zoom, le Zoom F8, est devenu un sérieux concurrent des enregistreurs Sound Devices qui occupent une grande partie de l'univers de l'enregistrement audio mobile.

Seules quelques compagnies produisent des enregistreurs audio mobiles de hautes gammes. On parle ici de Aaton et de son Cantar X3, de Zaxcom avec ses Deva et Nomad, de Sound Devices, Fostex, Sonosax, et Nagra, qui règnait en maître sur cette industrie anciennement, c'est à peu près ça. C'est quand même spécial qu'une telle industrie soit dominée par si peu de joueurs. Au Canada, Sound Devices occupe la plus grande part du marché selon mes observations.

Zoom avec son 8 pistes Time Code rentre dans la cour des grands et dérange pas son bas prix. Un billet précédent parle de ce positionnement. Tascam tente aussi de se faufiler.

Sond Devices répond avec sa nouvelle gamme d'enregistreurs très bon marché qui sont un peu moins performants que leurs haut de gamme, mais surtout accessibles. Ils ont pris soin de modifier leur couleur et style de sorte qu'ils ne soient pas confondus avec leur famille traditionnelle.

Que signifie tout ça? Ça prouve, selon moi, que les productions vidéos indie et que les photographes sont en train d'atteindre une certaine maturité audio et avec la maturité vient la réalisation qu'un bon son direct est un prérequis. Que d'avoir plusieurs options, plusieurs pistes, permet de peaufiner davantage son audio et quand l'audio est bon, vous avez réussi 70% de votre vidéo. Je me répète, mais on ne dira jamais d'un mauvais audio que c'est de l'audio artistique, ce que l'image peut endurer par contre.

Bienvenue à cette démocratisation des outils de travail qui permettront à de nouvelles voix de s'exprimer et atteindre des qualités d'expression à la hauteur de leurs aspirations. Il faudra que l'expertise suive ainsi que le dur travail.

mardi 20 juin 2017

Le futur iMac Pro et les Hackintosh, merci aux gamers

Carte vidéo NVidia Tesla K80 pour environ 12 000$. photo NVidia
Si vous avez survolé les futures spécifications des prochains iMac Pro, vous avez probablement constaté que le MacPro (la poubelle) se fait faire de la sérieuse ombre, pour ne pas dire franchement dépasser en performances et prix (le iMac Pro est plus cher)...

Il est peut-être de plus en plus temps de penser à changer d'écosystème ou à marier les écosystèmes, pour les utilisateurs d'OSX.

Si vous êtes comme moi et plusieurs photographes, vous trempez dans le montage vidéo et possiblement la 3D. Deux domaines qui font pomper nos ordis en termes de calculs et déplacement de données.

La très grande popularité des  jeux vidéos en images de synthèses, qui réagissent en temps réel, a forcé les manufacturiers de matériel informatique à développer de très puissantes cartes vidéo afin de traiter les calculs trigonométriques que le 3D requiert. Les cpu des cartes mères ne suivant pas le rythme, ce sont les manufacturiers des cartes vidéo qui s'en sont occupés. De plus, ce n'est pas un besoin universel. Pourquoi s'équiper d'une superbe carte vidéo optimisée pour le 3D si on ne joue pas ou n'utilisons pas de logiciels 3D?

Ces super GPU (Graphic ¨Processing Unit) sont de beaucoup plus puissants que les cpu les plus performants quand vient le temps de régler des problèmes de calculs d'images. Ils sont aussi accompagnés d'une facture salée. Plusieurs cartes vidéos de haut de gamme valent plus de 4000$. Ce qui est intéressant, est que les manufacturiers, prenons NVidia par exemple, offrent une vaste gamme de puissance de carte en fonction de vos besoins et de votre budget.

Une carte peut valoir 400$, voire moins. Où ça devient intéressant pour les photographes, c'est quand Adobe décide de faire appel à la puissance de ces moteurs vidéos afin d'accélérer certaines tâches de leurs logiciels. Depuis quelques versions, Adobe Premiere fait appel au Mercury Engine de certaines cartes vidéos afin d'accélérer les prévisualisations et le rendu final. De plus en plus de logiciels d'Adobe font appel à cette solution. Les derniers OS d'Apple font de même s'ils détectent la présence d'un GPU spécifique.

Là où le bât blesse pour les utilisateurs d'OSX, est que la palette de cartes vidéos performantes est très limitée relativement à ce qui est disponible sous la plateforme Windows. Oui, vous pouvez vous équiper d'un cabinet externe qui ajoutera des ports PCI via votre connecteur Thunderbolt afin que vous puissiez utiliser votre carte vidéo préférée, mais le prix de ces solutions est difficilement
justifiable versus s'équiper directement d'une machine Windows qui est déjà équipée de ces connecteurs.

Si vous passez à Windows, c'est une nouvelle hygiène à développer. Un peu plus de travail et de vigilance. Si vous êtes aventureux, construisez-vous un PC qui roulera OSX. Vous aurez le meilleur des mondes si vous faites bien votre devoir. L'utilisation des puces Intel par Apple depuis plusieurs années permet, dans certains cas, de jouer au Dr Frankenstein et construire de tels hybrides. Au pire vous installez Windows et oubliez OSX.

N.B. La carte Tesla représentée est plutôt destinée aux serveurs. C'est pour mentionner la puissance et le prix que produisent ces cartes.

dimanche 11 juin 2017

Doisneau, un homme qui travaille

ROBERT DOISNEAU, LE RÉVOLTÉ DU MERVEILLEUX- la bande-annonce (en salle le 19 mai) from Funfilmdistribution on Vimeo.


Robert Doisneau a pris plus de 360,000 clichés dans sa carrière. Il ne s'est pas particulièrement enrichi et a accepté énormément de contrats commerciaux afin de gagner son pain.

C'est un peu loin de l'image du flâneur des rues de Paris qui capture le moment cocasse en noir et blanc.

Il a beaucoup travaillé en couleur et publiait en noir et blanc car c'était meilleur marché.

C'est du moins ce que révèle ce beau film sur sa vie, réalisé par sa petite-fille.

Robert Doisneau, le révolté du merveilleux au Cinéma Beaubien pour encore un moment.

C'est un peu comme ce que révèle le Manifesto Magnum. On apprend que ces très grands et mythiques photographes faisaient des commandes commerciales afin de financer leurs projets personnels qui les rendaient célèbres.

Je crois que c'est toujours le cas et que ce n'est pas honteux de "travailler" pour les autres. Je ne reviendrai pas sur les chroniques récentes de Patrick Lagacé concernant le travail, mais si on aime la photographie et qu'on s'y acharne avec amour, le travail devient un plaisir et nous permet de s'émanciper. Oh, de très gros mots: amour et émancipation.

Comme dirait Robert M. Pirsig dans Zen and the Art of Motorcycle Maintenance, la qualité de ce que l'on fait peut devenir un but et une satisfaction ultimes. Je crois que j'ai un peu grandi avec cette philosophie, mais en tentant de rester réaliste.

Bonne sérénité.